Aimé Césaire en héritage (II)

En ce jour anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire (1913-2008), nous publions le deuxième volet de notre série « Aimé Césaire en héritage ». Nous portons cette fois la focale sur les années 1930-1940, une période marquée par une effervescence politique et intellectuelle au sein des milieux noirs en France métropolitaine.

Après avoir rappelé le mot d’ordre césairien (« l’heure de nous-mêmes a sonné ») et sa portée « performative comme geste mobilisateur » et non comme satisfecit paresseux, nous poursuivons cette réflexion en le mettant en perspective avec les services de propagande et de police.

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Rencontre avec Maryse Condé : « Je dirais comme Fanon, quittons cette Europe… »

Ces Nouveaux entretiens, dans lesquels se décèle toute la trame romanesque du Fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana, nous font entendre une « voix singulière » – pour reprendre le titre du très beau film documentaire consacré à l’écrivaine par Françoise Vergès[i] – et cela fait du bien. Maryse Condé, bien loin de l’hagiographie d’une négritude institutionnelle ou, à l’inverse, du réquisitoire catastrophé à l’encontre de l’Afrique postcoloniale comme le veut une tradition d’afropessimisme, continue de nous livrer une parole d’apaisement, à la fois moqueuse et engagée. C’est que, derrière le ton caustique, perce toujours une impatience fanonienne, ce qu’elle appelle, avec dérision, un « reste de militantisme ». Ce qui reste aussi, c’est une œuvre immense dans laquelle foisonnent des questions essentielles. L’écrivaine sait en jouer, parsemant ses romans de clins d’œil à ses engagements politiques.

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